Le greenwashing ou comment les fabricants nous mentent…

Le greenwashing (ou éco blanchiment) est une pratique courante en marketing. Elle est principalement utilisée par les multinationales (qui en règle générale polluent énormément ).

Elle consiste à faire croire de manière trompeuse qu’un produit ou une société est écologique et bon pour la planète. Le but étant d’une part de redorer l’image de la marque, d’autre part de surfer sur la vague écologique et proposer des produits soi-disant naturels aux clients.

Par exemple, le packaging donnera une impression de nature, avec une image de prairie, de champs ou d’arbres. Les publicistes mettront en avant la présence d’un ingrédient naturel : « à l’aloe vera », « contient de l’huile d’argan BIO » ; etc. Souvent, le contenant portera la mention « pure » ou « naturel »

Voici deux exemples trouvés au hasard, mais il y en a plein d’autres, que ce soit dans les cosmétiques, les produits de nettoyage ou même l’alimentation…
On parle même de voitures propres hybrides ou électriques qui limitent c’est vrai les gaz à effet de serre. Cependant, la production de ces voitures ainsi que des batteries est très polluante. Bref, le greenwashing est malheureusement présent dans bien des domaines…

Nivea Pure & Natural Soin visage : soin de nuit régénérant pour tous types de peaux

photo: nivea.fr

« Hydrate intensément et régénère la peau – Huile d’argan bio & aloe vera bio»
Le packaging mentionne 95% d’ingrédients d’origine naturelle (avec en prime une jolie feuille verte pour bien insister sur ce point). Mais curieusement, pas de label éco ou bio…
J’ai recopié la liste d’ingrédients de leur site :
Aqua, Glycerin, Hydrogenated Vegetable Oil, Cetearyl Alcohol, Caprylic/Capric Triglyceride, Alcohol Denat., Glyceryl Stearate Citrate, Octyldodecanol, Glyceryl Stearate, Hydrogenated Coco-Glycerides, Methylpropanediol, Dicaprylyl Ether, Panthenol, Cocoglycerides, Argania Spinosa Kernel Oil, Aloe Barbadensis Leaf Juice Powder, Tocopherol, Xanthan Gum, Sodium Carbomer, 1,2-Hexanediol, Phenoxyethanol, Linalool, Limonene, Citronellol, Benzyl Alcohol, Butylphenyl Methylpropional, Alpha-Isomethyl Ionone, Geraniol, Parfum

Quelle surprise pour un produit « naturel » de retrouver 2 perturbateurs endocriniens !!!
Le phénoxyéthanol présent dans de nombreux cosmétiques en tant que conservateur est en effet considéré comme hématotoxique et hépatotoxique (c’est-à-dire toxique pour le sang et le foie) par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Il est cependant autorisé par l’Union Européenne à une concentration maximale de 1% mais est à bannir pour les enfants de moins de 3 ans qui l’absorbent plus facilement. Il peut aussi causer des réactions allergiques.

Le Butylphenyl Methylpropional quant à lui est soupçonné d’avoir des effets sur la reproduction par le Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs (CSSC). Il est également l’un des 26 allergènes qui doit être obligatoirement mentionné dans la liste d’ingrédients des cosmétiques (règlement européen)

Enfin, le parfum n’est pas spécifié, il peut être soit naturel soit chimique (et dans ce cas, contenir éventuellement des perturbateurs endocriniens)

Shampooing Timotei Pure Shampooing cheveux normaux regraissant vite

Photo: Timotei.com

« à l’extrait de thé vert bio »

Là aussi, la bouteille évoque 94% d’ingrédients d’origine naturelle sans aucun label officiel.

Liste d’ingrédients provenant de leur site web :

Aqua, Cetearyl Alcohol, Behentrimonium Chloride, Camellia Sinensis Leaf Extract, Dipropylene Glycol, Disodium EDTA, Lactic Acid, Magnesium Chloride, Magnesium Nitrate, Maltodextrin, Methylchloroisothiazolinone, Methylisothiazolinone, Parfum, Sodium Chloride, Stearamidopropyl Dimethylamine, Geraniol, Hexyl Cinnamal, Limonene, Linalool.

Le Disodium EDTA est un stabilisateur faisant mousser le shampooing qui est très polluant et peu biodégradable. A priori, il est sans réel danger pour la santé humaine.

Le Methylisothiazolinone quant à lui est nettement plus dangereux : Très allergisant, il peut provoquer de l’eczéma. Souvent présent dans les cosmétiques comme remplaçant de parabènes, c’est un libérateur de formaldéhyde, qui est une substance cancérigène (il libère du formaldéhyde ou formol au contact de l’eau). Il est suspecté d’être neurotoxique mais peu d’études sur ce sujet ont été menées jusqu’à présent. De plus, ce biocide évacué via les égouts est nocif pour les milieux aquatiques.

Ici non plus, le parfum n’est pas spécifié. Est-il naturel ou chimique?

Ces deux exemples illustrent bien le fait qu’il ne faut pas faire confiance à des mentions « naturelles » sur l’emballage mais qu’il faut bien vérifier la composition d’un produit ainsi que d’éventuels logos bio/ éco. Il existe diverses applications pour vous y aider en scannant le code barre. Mais ne vous fiez pas uniquement au score global, examinez bien la liste des ingrédients, c’est plus prudent.

Sources :

http://www.greenwashing.fr/

https://www.zenziscope.net/analyser/

https://www.quechoisir.org/

http://www.safecosmetics.org/

https://www.anses.fr/